SONGERIE d'AUTOMNE
Il faut l’admettre en quelque sorte:
L’Automne est bien là à nos portes:
Déjà pépient les hirondelles du parcours qu’elles vont choisir
Pour leur migration prochaine.
Le tilleul en jaunit ses feuilles, et la treille rougit les siennes.
Les impatiens dans leur corbeille frissonnent leurs derniers instants.
Les aurores sont plus brumeuses si les nuits sont étincelantes.
Et que dire de nos couchants ?
Ils se parent des tons sublimes qu’érables, fusains, noisetiers,
Et bien entendu les chênes de nos chouradous séculaires,
Ne tarderont pas à porter.
Des fleurs courageuses et tardives osent encore égayer
Les chemins creux de nos forêts,
Dans lesquelles parfois surgissent de bien timides champignons.
Dame Nature prolifique offre des baies âpres ou goûteuses
Au promeneur, s’il est curieux.
Tout alentour partout se veut
Richesse, abondance et joie.
C’est là, qu’est magique l’Automne qui nous étourdit de beauté,
Avant qu’elle ne s’ensommeille, ne s’engourdisse pour hiberner
Comme le fera Casimir.
Notre crapaud-chroniqueur célèbre de la « Gazette du Coustalou »
Au fond du pot des primevères a déjà préparé son trou.
Quand à notre ami le chevreuil, au joli nom de Théodore,
S’il ne fréquente pas encore le jardin de la Biscornue
Pour s’y empiffrer de fenouil,
Il ponctue d’aboiements sonores
Les soleils levants et leurs nues.
Phoebus a des levers tardifs dont l’attente sur la terrasse
Me contraint à m’emmitoufler
Tant les matins se font frisquets.
Dans ces heures qui suivent l’aube passent encore et repassent
Des chauves-souris attardées.
Sur mes genoux, bien installé,
Pélagos mon beau chat ronronne
Guettant les touts premiers rayons qui verront l’éveil des oiseaux.
Peut-être que si je le sermonne
Il laissera le rouge-gorge picorer les baies du sureau.
Voici l’aurore de brume rose teintant les cieux jusqu’au couchant
Alors, émerveillée je guette dans la fourche du vieux tilleul
Le premier rai d’un nouveau jour.
Il est grand temps que je m’active.
Adieu heures contemplatives
Qui ne coulaient que pour moi seule.
Le soleil fait renaître un monde qu’il est grand temps de partager.
Michèle Puel Benoit